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Que serait Sherlock Holmes sans Mrs Hudson, sa logeuse, Achille sans Patrocle, Antigone sans Ismène, Andromaque sans son fils Astyanax, Phèdre sans sa confidente Oenone ? Que serait la tragédie grecque sans son chœur de servantes, de vieillards, de marins ou de captives ? Tous ces personnages peuplent les récits et la scène. Réduits au second rôle ou à une fonction mineure, parfois jusqu’à l’insignifiance de simples figurants anonymes, écrasés par le pouvoir et le prestige des personnages dits « principaux », qui monopolisent les titres, ils ont longtemps été cantonnés dans l’ombre et les marges et invisibilisés. Mais la critique leur accorde depuis quelque temps un intérêt croissant et incite les lecteurs à les réinterpréter et à réévaluer leur importance. Les réécritures contemporaines, au féminin, de mythes antiques ou de récits modernes ont permis par exemple de revaloriser des figures, comme celle de Pénélope ou de Julia, la compagne de Winston Smith, le héros de 1984 de G. Orwell. Il apparaît que ces personnages secondaires ou mineurs ne se limitent pas à former un personnel de fond d’intrigue, ne sont pas seulement des faire-valoir des protagonistes mais sont porteurs de valeurs propres et singulières, qui leur permettent parfois de rivaliser avec les figures principales. Des injustices, dues à l’âge, à la classe, au genre ou à la race, peuvent ainsi être dévoilées pour appeler à un changement de lecture et de vision du monde.
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