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La littérature autobiographique (mémoires, confessions, journaux ou témoignages), nommée aujourd’hui plutôt écriture de soi, a longtemps eu mauvaise réputation et a suscité les pires critiques : mensonges, futilité, expression d’un moi narcissique, forme littéraire déficiente. Mais elle est aujourd’hui reconnue comme un genre littéraire à part entière. On comprend donc que la célèbre autrice canadienne Margaret Atwood, devenue depuis la publication de La servante écarlate (1985) et la diffusion de son adaptation en série (2017), une icône mondiale, ait accepté, malgré d’abord des réticences, de se lancer dans l’aventure, pour la première fois, à 85 ans. En suivant le fil chronologique de sa vie, M. Atwood déploie, avec une grande précision, la somme de ce dont elle se souvient. On y découvre des séquences exaltantes, comme l’enfance très libre, en partie passée, du fait de la profession d’entomologiste de son père, dans les forêts du Grand Nord canadien, des séquences pleines d’humour, comme celle de son séjour en France, des séquences émouvantes, comme celle de la maladie et de la mort de son mari, l’écrivain Graeme Gibson. Margaret Atwood évoque aussi les grands engagements qui nourrissent son œuvre : l’amour et la défense de la nature, la lutte pour les droits des femmes. La vie est continuellement mise en relation avec l’écriture, par le dévoilement des coulisses, en particulier celles de La Servante écarlate, mais aussi par la réflexion sur le roman et l’art du romancier.
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